Canneberge

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Canneberge

La Canneberge Vaccinium macrocarpon Aiton

La canneberge a été utilisée pendant plusieurs siècles par des tribus amérindiennes du NordEst des Etats-Unis (Massachusetts, Rhode Island), à la fois pour leur régime alimentaire (arôme pour le poisson ou la viande séchée) ou en tant que remède (pour les blessures et en cas d’empoisonnement).

D’autres tribus amérindiennes du Maine utilisaient la canneberge pour des calculs rénaux et d’autres problèmes urinaires.

D’autres utilisations traditionnelles ont été rapportées, tels que les troubles légers de l’estomac, du foie, les ampoules, le manque d’appétit et les vomissements.

Les marins gardaient de la canneberge à bord de leurs navires pour la prévention du scorbut, en raison de sa teneur élevée en vitamine C (Fanos et al., 2006). On utilise en thérapeutique les baies (fruits charnus) de canneberge

 

Ses bienfaits

Quels sont les effets de la canneberge ?

Effet inhibiteur de l’adhésion bactérienne

Plusieurs études in vitro ont montré que la canneberge inhibe, de manière dose-dépendante (en fonction du dosage), l’adhésion de plusieurs espèces bactériennes sur les cellules de la bouche ou de la vessie, la principale souche étudiée est E. coli uropathogènes
La canneberge a pu également inhiber l’adhérence d’isolats bactériens urinaires de Proteus spp. et de Pseudomonas aeruginosa, ainsi que de Staphylococcus aureus, Salmonella typhimurium et Enterobacter faecalis (1).
Des études in vivo ont été menées afin d’identifier les composants de la canneberge responsables de l’effet inhibiteur de l’adhésion des bactéries aux cellules uroépithéliales ou à d’autres types de cellules. A ce jour, seules les proanthocyanidines de type A, sous forme trimérique, ont pu démontrer cet effet (Guay, 2009 ; Foo et al., 2000).

 

Effet inhibiteur de la formation de biofilm

La canneberge inhibe la formation de biofilm, mais de manière sélective. Les biofilms produits par des bactéries pathogènes par voie orale [Streptococcus mutans, Porphyromonas gingivalis (Labrecque et al., 2006 ; Koo et al., 2006)] et les souches uropathogènes d’E. coli (Di Martino et al., 2005) sont sensibles à cette inhibition, tandis que ceux produits par Proteus mirabilis ne le sont pas (Morris et Stickler, 2001).

 

Caractéristiques

Qu’est-ce que la canneberge ?

Description botanique de la canneberge

La canneberge (Vaccinium macrocarpon Aiton) est un arbrisseau à feuilles persistantes, d’une hauteur de 15-20 cm, appartenant à la famille des Ericacées. Originaire du Nord-Est de l’Amérique du Nord, elle pousse spontanément dans les tourbières, les forêts d’altitude, les mousses des landes tourbeuses. La canneberge est cultivée aux Etats-Unis depuis le début du XIXe siècle et au Canada.

La canneberge est également appelée « airelle à gros fruits », « cranberry » qui est issu de la contraction de crane et de berry, en raison de la forme de sa fleur blanche/rose clair qui évoque le cou et la tête de la grue du Canada (crane en anglais).

Composition chimique des baies de canneberge

On dénombre plus de 200 constituants (2) différents dans la baie de canneberge. Celle-ci contient 88% d’eau, ainsi qu’un mélange de sucres (saccharose, glucose, fructose), d’acides organiques (acide citrique, acide quinique, acide chlorogénique, acide p-coumarique…), de flavonoïdes (glycosides de myricétine ou de quercétine…), de vitamine C, de glycosides iridoïdes et des tanins : anthocyanidines, dont proanthocyanidines ou oligomères proanthocyanidiques, ces derniers étant les principales substances d’intérêt de la baie de canneberge (3).

Les tanins sont des polyphénols que l’on retrouve principalement dans les baies de plantes appartenant au genre Vaccinium (canneberge, bleuet, myrtille). Ce sont des pigments très colorés qui jouent un rôle de défense naturelle pour la plante, vis-à-vis des agents pathogènes.

Les proanthocyanidines résultent d’un processus naturel produit par les plantes issu de la condensation, appelées monomères et dont la structure de base est appelée flavan-3-ol.

En fonction de la position et du nombre de liaisons reliant les monomères entre eux, on distingue :
– les oligomères proanthocyanidiques de type A
– les oligomères proanthocyanidiques de type B

 

Avis d’expert

Recommandations d’utilisation de la canneberge

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) mentionne l’utilisation de la canneberge en tant que traitement d’appoint par voie orale pour la prévention et le traitement symptomatique des infections urinaires chez l’adulte, pour lesquelles il existe des études cliniques.

Dans ses recommandations dans les infections urologiques, l’EAU (European Association of Urology) mentionne la canneberge pour la prévention des infections urinaires récidivantes, sans toutefois émettre de recommandation ferme en raison de données contradictoires (Bonkat et al., 2020).

Dans ses dernières recommandations de prise en charge des infections urinaires, la SPILF (Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française) cite l’utilisation de la canneberge parmi les mesures préventives non antibiotiques, à condition de respecter la dose journalière de 36 mg de proanthocyanidines (niveau de preuve IV, grade C) (Caron et al,
2018).

En mai 2021, le Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC) de l’EMA a proposé une version préliminaire d’une monographie sur les fruits de canneberge.

Précautions d’emploi, interactions médicamenteuses et contre-indications

L’utilisation de la canneberge chez les enfants, en particulier ceux avec une vessie neurogène, n’est pas recommandée, en raison de résultats négatifs dans quelques études.

Les patients ayant des calculs rénaux, une altération de la fonction rénale ou d’autres maladies graves telles qu’une pyélonéphrite doive consulter un professionnel de santé avant d’utiliser des produits contenant de la canneberge.

Les patients diabétiques doivent être conscients de la forte quantité de sucres contenue dans le jus de canneberge et privilégier des préparations sans sucre (OMS, 2009).

Les flavonoïdes, qui sont des constituants majeurs des fruits de canneberge, ont des effets connus sur les enzymes cytochrome P450 qui métabolisent les médicaments : ils peuvent induire la biosynthèse de plusieurs isoenzymes, inhiber ou stimuler l’activité enzymatique d’isoenzymes et ils sont métabolisés par plusieurs isoenzymes (Hodek et al., 2002 ; Guay, 2009).

Des interactions sont donc possibles entre la canneberge et certains médicaments en raison des effets des flavonoïdes sur le cytochrome P450, en particulier les anticoagulants tels que la warfarine pour laquelle plusieurs cas d’interactions médicamenteuses ont été reportés, avec une augmentation de l’INR (Suvarna et al., 2003 ; Grant, 2004).

 

1. Guay, 2009 ; Sobota, 1984 ; Schmidt et Sobota, 1988 ; Allison et al., 2000 ; Zafriri et al., 2005 ; Johnson-White et al., 2006 ; Eydelnant et Tufenkji, 2008).

2.Turner et al., 2005
3. Jensen et al., 2002 ; Zhang et Zuo, 2004 ; Vvedenskaya et al., 2004 ; Ohnshi et al., 2006 ; Arnal et al., 2008 ; Monographie
OMS, 2009
4. Guay, 2009

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