MagazineInfections Urinaires toutes concernées ?

Infections Urinaires toutes concernées ?

A l’âge de 24 ans, saviez-vous qu’un tiers des femmes a eu au moins une infection urinaire dans sa vie (1) ?

Envies fréquentes d’uriner, douleurs à la miction, sensations de pesanteur dans le bas ventre… Vous n’êtes pas seules ! C’est un fait de société, les femmes sont particulièrement concernées par les infections urinaires, en particulier les infections urinaires dites basses telles que les cystites.

Si certaines femmes ne connaitront qu’une seule infection urinaire au cours de leur vie, d’autre seront sujettes à des récidives soit entre 25% et 50% des femmes sont touchées par des infections urinaires récurrentes (2). Le caractère répétitif de cette infection nécessitera pour certaines la mise en place de gestes et mesures préventives afin de rendre leur quotidien plus serein.

Enfin si vous avez été épargnées jusqu’à présent, sachez, que le nombre de nouveaux cas autrement dit l’incidence des infections urinaires augmente avec l’âge (3).

Partant de ce bilan relativement accablant, nous avons souhaité approfondir le sujet et vous apporter des réponses concrètes issues de la recherche scientifique.

Mais pourquoi les femmes sont elles plus touchées que les hommes en matière d’infections urinaires ?

La particularité anatomique féminine

Les infections urinaires touchent principalement les femmes pour une raison anatomique simple : La taille de leur urètre.

Si les bactéries doivent parcourir 15 centimètres pour remonter dans la vessie de l’homme le long de l’urètre, elles n’en auront que 3 à parcourir chez la femme. Autrement dit, un urètre court, participe à l’ascension des bactéries vers la vessie.

De plus la proximité entre l’anus et le méat urinaire facilite la contamination par les bactéries intestinales. Ce phénomène peut notamment être le cas si la femme souffre de constipation à l’origine d’une multiplication bactérienne.

Enfin les menstruations peuvent favoriser la macération et encourager ainsi la prolifération de bactéries.

 

Une infection urinaire dans le fond c’est quoi ?

Physiopathologie des infections urinaires

Il n’y a pas une infection urinaire mais des infections urinaires.

 

Tout d’abord revenons sur leur définition

Les infections urinaires font partie des infections bactériennes les plus fréquentes. Elles représentent un enjeu majeur de santé publique et concernent 150 à 250 millions de personnes par an à travers le monde (4), dont 4 à 6 millions en France (5).

Les infections urinaires correspondent à une inflammation qui peut toucher une ou plusieurs parties de l’appareil urinaire (reins, uretères, vessie, urètre). Elles sont occasionnées par une grande variété d’agents pathogènes, principalement des bactéries, dont la plus courante est Escherichia coli uropathogène ou UPEC (Uropathogenic Escherichia coli) (6)

 

Abordons maintenant la classification des infections urinaires.

Cliniquement, dans le langage médical, les infections urinaires sont classées en deux grandes catégories :

– Les infections urinaires à risque de complication surviennent chez des individus avec des facteurs de risques qui compromettent le tractus urinaire ou les défenses de l’hôte.

– Les infections urinaires non compliquées affectent des individus qui sont en bonne santé en temps normal et qui n’ont pas d’anomalies structurales ou neurologiques du tractus urinaire.

 

Parmi les infections urinaires non compliquées, on distingue :

  • Les cystites : infections urinaires au niveau de la vessie avec des symptômes associés de douleurs et de brûlures mictionnelles, de douleur en particulier suprapubienne, de pollakiurie (mictions fréquentes), d’urgenturie (fuites urinaires par impériosité) et d’hématurie terminale (sang dans les urines).
  • Les pyélonéphrites : infections urinaires au niveau du rein caractérisées par des symptômes de cystite avec fièvre additionnelle, douleur lombaire aiguë, nausées et vomissements, douleur de l’angle costo-vertébral, syndrome septique.

On parle de bactéries asymptomatiques ou « colonisations urinaires » lorsque des bactéries sont mise en évidence en nombre significatif dans les urines, sans qu’il n’y ait de signe ou de symptôme d’infection urinaire. Elles surviennent très fréquemment et ne requièrent pas de traitement, sauf en cas de grossesse et en période péri- opératoire (avant une intervention chirurgicale par exemple).

Les infections urinaires deviennent récurrentes lorsque le nombre d’épisodes d’infections urinaires est égal ou supérieur à trois sur les 12 derniers mois, ou de deux dans les 6 derniers mois (7).

 

Comment savoir si j’ai une infection urinaire ?

Le diagnostic clinique d’une infection urinaire

La symptomatologie typique des infections urinaires non compliquées suffit à orienter le diagnostic clinique qui peut être confirmé par des examens complémentaires, tels que les bandelettes urinaires et l’examen cytobactériologique des urines (ECBU). Les bandelettes urinaires sont importantes, car elles ont une valeur prédictive négative qui permet d’écarter une cystite chez la femme (8).

Sources :

1. Foxman 2000
2. Foxman, 1990 ; Scholes et al.,2000 ; Gupta et Trauter, 2013 ; Geerlings, 2016
3. Schmiemann et al.,2010, cf. graphique ci-dessous)
4. Stamm et al., 2001 ; Mach et al., 2020
5. Lerolle et Lafaurie, 2015.
6. Flores-Mireles et al., 2015.
7. Hooton, 2012 ; Nielubowicz et Mobley, 2010
8. Bruyère et Boiteux, 2011 ; Simmerville et al., 2005 ; Chu et Lowder, 2015.

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